Mémoire holographique

La mémoire holographique est nouvelle technique de mémoire de masse utilisant l'holographie pour stocker de hautes densités de données dans des cristaux ou des polymères photosensibles.



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  • Mémoire holographique est un périphérique de stockage qui est étudié et ... Pour accéder aux données stockées exige à diriger la lumière du faisceau de ... (source : byteguide)

La mémoire holographique est nouvelle technique de mémoire de masse utilisant l'holographie pour stocker de hautes densités de données dans des cristaux ou des polymères photosensibles.

La mémoire holographique est fréquemment désignée comme étant la prochaine génération de stockage optique des données. En effet, les techniques utilisées pour les CD ou les DVD atteignent leurs limites physiques (à cause de la taille de diffraction limitée des rayons d'écriture). L'holographie permet d'utiliser le volume du support au lieu de se limiter à la surface pour enregistrer des données. Qui plus est , les données peuvent être multiplexées dans le volume d'enregistrement en ajoutant un angle au faisceau enregistreur comparé au faisceau de référence, ou encore en modifiant sa fréquence ou sa phase.

Historique

Les principes de l'holographie sont connus depuis 1947 et l'idée de stocker des données dans des hologrammes a germé dès les années qui suivirent cette découverte. Les premiers systèmes de stockage pour dispositifs d'information qui expérimentent ce principe sont par contre récents. Depuis le milieu des années 1990, surtout sous l'impulsion de la DARPA (Defense Advanced Research Project Agency), de grands laboratoires comme ceux d'IBM et de Lucent Technologies et plus récemment Imation ont intensifié les recherches dans ce domaine[1].

En juin 2006, la société InPhase Technologies (Longmont, CO), annonce la réalisation du premier média de stockage holographique. D'une capacité de 300Go, il mesure 152x135x109mm et atteint un débit de 20Mo/s.

Concept

Comme pour les CD ou les DVD, les mémoires holographiques peuvent être en lecture seule (si le média subit une altération irréversible) ou réinscriptible (si l'altération est réversible). Les mémoires réinscriptibles peuvent être conçues en utilisant l'effet photoréfractif des cristaux :

Pour lire les données enregistrées, on utilise le faisceau de référence. On éclaire le média avec ce faisceau et la variation de l'indice de réfraction le sépare en deux et recrée le faisceau incident qui avait servi à écrire les données. Ce faisceau est lu par un dispositif optique pour être converti en signaux numériques.

Dispositif pour l'enregistrement et la lecture

Mémoire holographique

Un faisceau laser est scindé avec un cube séparateur (Beam Splitter) en deux faisceaux respectivement nommés "faisceau de référence" et "faisceau objet". Le faisceau référence dans l'axe d'un réflecteur comme présenté sur la figure.

Écriture

Pour l'enregistrement, le faisceau est agrandi par les lentilles (L), afin d'illuminer totalement un modulateur spatial de lumière (SLM) (en réalité un panneau LCD, ressemblant à une sorte de grille, où les cases "opaques" et "transparentes" représentent respectivement les "0" et les "1" de l'information à stocker). L'objectif est de transférer les données au faisceau objet sous forme d'une page de pixels; ce faisceau objet est ensuite focalisé sur le cristal photosensible ou il interfère avec le faisceau de référence qui, lui, a subi une réflexion sur un déflecteur (à position angulaire programmable). De cette interaction naît un motif d'interférences qui modifie les propriétés physico-chimiques du cristal. Le fait de changer l'angle d'attaque du rayon, sa longueur d'onde ou la position sur le support vont permettre de stocker une grande quantité d'informations dans un faible volume.

Lecture

À la lecture, l'éclairement par le faisceau de référence (suivant les angles d'enregistrement) conduit à une diffraction de la lumière qui reconstruit le faisceau objet avec sa page de données (avec une commutation des pages par orientation des angles) ; il ne reste plus qu'à diriger le faisceau sur la caméra CCD, qui capture instantanément la page digitale, la décode et transmet l'information à un ordinateur.

Superposition d'hologrammes dans un cristal photoréfractif

L'enregistrement de plusieurs hologrammes requiert l'utilisation de cristaux photoréfractifs qui allient une qualité optique à une excellente stabilité temporelle de leurs caractéristiques (un enregistrement fonctionnerait sans dégradation apparente pendant plus de 10 ans). Selon Gilles Pauliat et Gérald Roosen[2], une fois le premier hologramme inscrit, on peut présenter au cristal une seconde figure d'interférence ; le premier hologramme s'effacera pendant que le second se construira, jusqu'à ce que les efficacités de diffraction des hologrammes soient semblables, et ainsi de suite jusqu'à N. La variation d'indice de chacun des hologrammes est au maximum égale à la variation d'indice maximale qu'on peut induire dans le matériau divisée par le nombre N d'hologrammes. L'efficacité de diffraction décroît en première approximation comme l'inverse de N² (pour N grand). Cette décroissance forme l'une des limites à l'obtention de très hautes capacités. En contrepartie, le temps indispensable pour inscrire la totalité des N hologrammes est le même que celui indispensable pour inscrire un seul hologramme à saturation. Pour un cristal de BaTiO (3), dopé Co, à la longueur d'onde de 532nm et pour une puissance optique de 10mW/cm², un seul hologramme à saturation s'inscrit en 25s. Lorsque on inscrit 100 hologrammes, le temps indispensable à la gravure de chacun chute par conséquent à 250ms.

Les hologrammes peuvent être effacés par un éclairement uniforme du cristal qui est alors prêt à recevoir de nouvelles données. Il est aussi envisageable d'effacer sélectivement l'une des images enregistrées en éclairant le matériau avec la figure d'interférence utilisée lors de l'enregistrement, mais en introduisant un déphasage supplémentaire uniforme de π sur le faisceau objet. Les hologrammes peuvent être rafraîchis avant leur effacement total, ou fixés définitivement par un traitement thermique approprié du cristal.

Capacités

On peut en principe enregistrer un bit dans un cube dont les côtés ont la taille de la longueur d'onde des rayons incidents. A titre d'exemple, avec un laser hélium-néon dont la longueur d'onde est de 632, 8 nm (lumière rouge), on pourrait théoriquement enregistrer 4 gigabits dans un millimètre cube. Les principaux facteurs qui limitent cette densité sont :

Voir aussi

Notes et références

  1. Jean-Baptiste Waldner, «Nano-informatique et Intelligence Ambiante - Inventer l'Ordinateur du XXIe siècle [1]», dans {{{périodique}}}, Hermes Science, 2007, p.  p180 
  2. Gilles Pauliat et Gérald Roosen, Mémoires holographiques de volume par codage en phase, dans Images de la physique, 1997 lire en ligne

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